Vous allez recevoir une lettre de l’ANSM sur votre pilule : voici ce qu’elle dit

MCS — Lettre ANSM pilule désogestrel
Actualité santé 15 septembre 2026
1 actualité santé aujourd’hui
Une enveloppe blanche. Votre nom dessus. Et à l’intérieur, l’Agence du médicament qui vous parle de votre contraception et du mot « méningiome ». 1,6 million de femmes vont ouvrir ce courrier ce mois-ci. Voici comment le lire sans paniquer.
À lire avant le reste

On n’arrête pas sa contraception toute seule. Jamais. Parce que l’arrêt brutal, lui, a une conséquence immédiate et très concrète : la grossesse non désirée. Recevoir ce courrier ne veut dire ni qu’un méningiome a été diagnostiqué, ni que votre risque est élevé. Sans symptôme, aucune raison de courir chez le médecin. On en parle à la prochaine consultation de routine.

✦ En bref
  • Le courrier ne part que vers les pilules au désogestrel 75 µg seul : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et leurs génériques.
  • Vous le recevez parce qu’un remboursement de cette pilule apparaît dans vos 12 derniers mois. Rien d’autre.
  • Sans symptôme : pas d’arrêt, pas d’IRM, pas d’urgence.
Nous rejoindre sur WhatsApp

Ce qui a changé, ce n’est pas votre pilule

Votre plaquette est exactement la même qu’il y a 3 mois. Ce qui change, c’est la façon dont l’information arrive jusqu’à vous.

En 2024, l’étude EPI-PHARE a montré une augmentation très faible du risque de méningiome chez les femmes qui prennent du désogestrel pendant au moins un an. L’ANSM en parle depuis décembre 2024. Recommandations de bon usage en mars 2025. Courriel aux prescripteurs en juin 2025. Rien de neuf, donc, sauf le canal.

L’information a fait tout le trajet officiel avant d’arriver dans votre boîte

En juillet 2026, l’Agence européenne du médicament a demandé d’inscrire ce risque dans la notice et dans le résumé des caractéristiques du produit. Les professionnels de santé ont reçu la lettre officielle en août 2026.

Dernière étape : écrire directement aux femmes. L’Assurance Maladie a repéré, dans ses données de remboursement, celles qui ont eu une prescription remboursée de désogestrel 75 µg sur les 12 derniers mois. Elles sont environ 1,6 million. Les médecins et sages-femmes qui prescrivent cette contraception ont eux aussi reçu un courrier personnalisé début septembre, avec la liste de leurs patientes concernées.

Ce type de campagne reste rare. L’ANSM ne l’avait utilisé que pour l’Androcur, le Lutényl et le Lutéran.

Ce que l’enveloppe change pour vous

Pour la très grande majorité de celles qui l’ouvriront : rien d’immédiat.

Ce courrier n’est pas un résultat d’examen. Il n’est pas déclenché par quelque chose qui vous concerne personnellement. Il part vers toutes les utilisatrices majeures repérées dans les remboursements. Sans tri, sans dossier, sans diagnostic.

Qui le reçoit, et qui ne le reçoit pas

Seules les utilisatrices de désogestrel 75 µg seul reçoivent la lettre. Les autres contraceptifs au désogestrel ou à l’étonogestrel (implant Nexplanon, anneau vaginal, pilules combinées désogestrel-éthinylestradiol) voient leur notice évoluer, mais aucun courrier ne part vers leurs utilisatrices. Si vous n’êtes pas sûre de ce que contient votre plaquette, la réponse est écrite sur la boîte. Et si le fonctionnement de votre cycle sous contraception hormonale vous intrigue, on l’a détaillé ici.

Un mot sur le méningiome, puisqu’il est écrit noir sur blanc dans la lettre. C’est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau. Le plus souvent non cancéreuse. Et lente. Selon sa taille et son emplacement, elle peut appuyer sur le cerveau ou sur un nerf, et c’est là qu’apparaissent les symptômes.

Un point à ne pas laisser passer : si vous avez déjà eu un méningiome, cette contraception ne doit pas être utilisée. Même si ça remonte à loin, ça se signale.

Le conseil du comptoir

Gardez le courrier. Il servira le jour de la consultation. Avant ce rendez-vous, préparez 2 informations.

  • Depuis quand prenez-vous cette pilule ?
  • Avez-vous pris avant elle un autre progestatif du type Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone ou Depo Provera ?
  • Et notez les symptômes éventuels, s’il y en a.

Ces réponses pèsent plus lourd dans la discussion que tout le reste. L’IRM cérébrale, elle, n’est pas recommandée de façon systématique : le risque est trop faible pour la justifier.

Certains signes méritent malgré tout une consultation sans attendre la date prévue : maux de tête persistants, troubles de la vision, du langage ou de l’équilibre, faiblesse musculaire, troubles de la mémoire, épilepsie nouvelle ou aggravée.

Le conseil de la pharmacie

L’enveloppe vous a inquiétée au point de vouloir tout arrêter ce soir ? Passez nous voir avant. Votre contraception se réévalue une fois par an, tranquillement, avec votre médecin ou votre sage-femme.

Questions fréquentes

J’ai reçu le courrier, dois-je arrêter ma pilule ?

Non. L’ANSM demande noir sur blanc de poursuivre normalement et de ne rien arrêter sans avis médical. La discussion a lieu à la prochaine consultation de routine, pas ce soir.

Je prends une pilule œstroprogestative, suis-je concernée par ce courrier ?

Non. Le courrier ne part qu’aux utilisatrices de désogestrel 75 µg seul. Vous avez un doute sur votre plaquette ? Apportez-nous la boîte, la réponse prend 10 secondes.

Dois-je demander une IRM par précaution ?

Pas systématiquement. L’IRM se discute avec votre médecin dans 2 situations : des symptômes évocateurs, ou le démarrage du désogestrel après plus d’un an d’exposition à un progestatif déjà identifié à risque.

✦ Ce qu’il faut retenir

L’essentiel de ce 15 septembre

Une enveloppe officielle dans la boîte aux lettres, ça fait toujours le même effet. Celle-ci concerne les pilules au désogestrel 75 µg seul, et elle part vers toutes les utilisatrices repérées dans les remboursements des 12 derniers mois. La recevoir n’est ni un diagnostic, ni le signe d’un risque élevé.

Le seul réflexe à éviter, c’est l’arrêt décidé seule. Sans symptôme, on range le courrier avec les papiers de la prochaine consultation. Avec des symptômes évocateurs, on consulte. Et les chiffres exacts du risque, on y reviendra en détail dans un prochain article.

Sources
  1. ANSM, « L’ANSM diffuse une lettre personnalisée pour informer les femmes du très faible risque de méningiome associé à la contraception à base de désogestrel », 10 septembre 2026.
  2. ANSM, « Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses », 10 septembre 2026.
  3. EPI-PHARE, données sur le risque de méningiome associé aux progestatifs en contraception orale, 2024.
  4. EMA, retour d’information du PRAC de juillet 2026.
ℹ️

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.

Stéphanie Maffre
Rédigé par
Stéphanie Maffre
Préparatrice — Pharmacie Saint Julien
Des années à l’écoute des patients, cherchant toujours les mots justes pour expliquer un traitement ou rassurer une inquiétude. Aujourd’hui, c’est à travers l’écriture que je poursuis cette mission.

J’ai reçu le courrier de l’ANSM, dois-je arrêter ma pilule ?

Non. L’ANSM demande de poursuivre normalement sa contraception et de ne rien arrêter sans avis médical. L’arrêt brutal expose à une grossesse non désirée. La discussion a lieu à la prochaine consultation de routine, pas dans l’urgence.

Je prends une pilule œstroprogestative, suis-je concernée par ce courrier ?

Non. Le courrier ne part qu’aux utilisatrices de désogestrel 75 µg seul : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et leurs génériques. Les autres contraceptifs au désogestrel ou à l’étonogestrel voient leur notice évoluer, sans envoi de courrier.

Dois-je demander une IRM cérébrale par précaution ?

Pas de façon systématique, le risque est trop faible pour le justifier. L’IRM se discute avec votre médecin en cas de symptômes évocateurs, ou au démarrage du désogestrel après plus d’un an d’exposition à un progestatif déjà identifié à risque.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucun conseil

Recevez nos meilleurs articles chaque semaine.

Nos produits conseillés

PHARMACIE SAINT JULIEN

Promotions du moment

Nos meilleures offres sélectionnées par votre pharmacien cette semaine.

Vous aimerez aussi

Produits à la une

Vous aimerez aussi