Maladie de Verneuil : enfin un traitement en comprimé pour cette maladie de peau taboue

Actualité santé 23 août 2026
1 actualité santé aujourd’hui
Des douleurs chroniques. Des abcès qui reviennent. La honte, et l’isolement qui va avec. La maladie de Verneuil, ou hidrosadénite suppurée, touche environ 1 % de la population, majoritairement des femmes. Et presque personne n’en parle. Deux essais cliniques publiés en juillet 2026 dans Nature Medicine apportent enfin une bonne nouvelle.
✦ En bref
  • La maladie de Verneuil touche environ 1 % de la population, avec un fort impact sur la qualité de vie.
  • Le povorcitinib, premier inhibiteur de JAK1 par voie orale testé dans cette indication, montre une efficacité significative dans deux essais de phase 3.
  • Près de 4 patients sur 10 atteignent une amélioration majeure dès 12 semaines de traitement.
  • Les bénéfices se maintiennent jusqu’à 54 semaines, avec un profil de sécurité rassurant.
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Qu’est-ce que la maladie de Verneuil ?

La maladie de Verneuil, ou hidrosadénite suppurée (HS), est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle s’installe là où se concentrent les glandes sudoripares apocrines : aisselles, aine, sous les seins, fesses. Au programme, des nodules douloureux, des abcès à répétition et, dans les formes sévères, des « tunnels » de drainage sous-cutanés chroniques.

Une maladie taboue, et un diagnostic qui traîne

C’est une maladie sous-diagnostiquée. Et taboue. En cause : la localisation des lésions, et une confusion tenace avec de simples « furoncles » ou avec un prétendu manque d’hygiène. Mettons les choses au clair : c’est une maladie inflammatoire à part entière, sans aucun lien avec l’hygiène personnelle. Le retard diagnostique moyen se compte en années. Et pendant ce temps, le signal continue : douleur chronique, odeurs liées au suintement des lésions, retentissement sur la vie intime et professionnelle, isolement social.

À retenir

La maladie de Verneuil n’a rien à voir avec l’hygiène personnelle. C’est une maladie inflammatoire chronique, qui touche environ 1 % de la population, majoritairement des femmes.

Le povorcitinib : comment agit ce nouveau traitement ?

Jusqu’ici, pour les formes modérées à sévères, il fallait passer par les biothérapies injectées : adalimumab, secukinumab. Efficaces, mais des injections.

Couper le signal de l’inflammation

Le povorcitinib change la donne. C’est un inhibiteur oral sélectif de JAK1 (Janus kinase 1), une enzyme qui transmet les signaux inflammatoires à l’origine des poussées. Le principe tient en une phrase : couper le signal avant qu’il ne déclenche la poussée. Deux essais cliniques de phase 3, identiques dans leur conception, ont testé la molécule.

  • STOP-HS1 : 608 patients.
  • STOP-HS2 : 619 patients.
  • Deux doses comparées à un placebo, 45 mg et 75 mg par jour, chez des adultes atteints de forme modérée à sévère, sur 54 semaines.

Des résultats significatifs dès 12 semaines

Le critère principal, c’est le HiSCR50 : une réduction d’au moins 50 % du nombre d’abcès et de nodules inflammatoires, sans aggravation par ailleurs.

Ce que donnent les chiffres

La réponse arrive vite, dès la 3e semaine, soit le premier point de mesure après le début du traitement. Et elle tient jusqu’à 54 semaines, avec un taux de réponse observé entre 57 % et 71 % à un an. Au-delà du critère principal, les patients rapportent aussi des améliorations significatives de la douleur cutanée, de la fatigue et de la qualité de vie globale, mesurée par le score DLQI.

  • STOP-HS1 à 12 semaines : 40 % des patients (dose 45 mg) et 41 % (dose 75 mg) atteignent le HiSCR50, contre 30 % sous placebo.
  • STOP-HS2 à 12 semaines : 42 % pour les deux doses, contre 29 % sous placebo.
  • À un an : entre 57 % et 71 % de répondeurs.

Un profil de sécurité rassurant

Côté tolérance, les effets indésirables graves restent rares : 1 à 2 % des patients sous povorcitinib à 12 semaines, contre 2 à 3 % sous placebo, et 5 à 6 % à 54 semaines.

Un comprimé par jour, à la maison

Les effets les plus fréquents ? De l’acné chez 17 à 20 % des patients, des rhinopharyngites et des infections respiratoires hautes bénignes chez 10 à 12 %. Aucun signal de sécurité nouveau ou inattendu n’est ressorti de ces deux essais. Ajoutez à ça la simplicité : un comprimé par jour, à la maison, plutôt qu’une injection régulière. Pour les patients qui ne répondent pas suffisamment aux traitements injectés actuels, ou qui préfèrent éviter les injections, ça peut changer le quotidien.

Point de vigilance

Ces résultats sont issus d’essais cliniques de phase 3. Le povorcitinib n’est pas disponible en France : une demande d’autorisation de mise sur le marché devra être déposée et évaluée avant toute mise à disposition.

Le conseil de la pharmacie

Des nodules douloureux qui reviennent toujours aux mêmes endroits, depuis des mois ou des années ? N’attendez pas qu’ils passent tout seuls, et ne les mettez pas sur le compte de l’hygiène. Un rendez-vous chez un dermatologue permet de poser un nom sur ce que vous vivez.

✦ Ce qu’il faut retenir

L’essentiel de ce 23 août

La maladie de Verneuil reste une pathologie douloureuse, vécue dans le silence, faute d’information. Le signal est là depuis longtemps. Ce qui manquait, c’était quelqu’un pour l’écouter.

L’arrivée prochaine d’un traitement oral efficace représente un vrai espoir, en particulier pour les patients qui évitent les traitements injectés ou qui n’y répondent pas assez. Vous avez des lésions récurrentes qui évoquent cette maladie ? N’attendez pas des années : consultez un dermatologue. Un diagnostic précoce change vraiment la donne.

Sources
  1. Nature Medicine · « Povorcitinib for hidradenitis suppurativa: the randomized, double-blind, placebo-controlled STOP-HS1 and STOP-HS2 phase 3 trials » · 23 juillet 2026.
ℹ️

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.

Laurie Cappelier
Rédigé par
Laurie Cappelier
Préparatrice — Pharmacie Saint Julien
Mon quotidien de préparatrice en pharmacie m’a appris que derrière chaque ordonnance, il y a une histoire et un besoin de compréhension. Les mots ont, eux aussi, un rôle essentiel dans le parcours de soin.

La maladie de Verneuil est-elle une maladie rare ?

Non. Elle touche environ 1 % de la population, ce qui en fait une maladie inflammatoire de la peau relativement fréquente, mais encore mal connue du grand public et parfois des professionnels de santé eux-mêmes.

Le povorcitinib est-il déjà disponible en France ?

Non. Ces résultats sont issus d’essais cliniques de phase 3 publiés en juillet 2026. Une demande d’autorisation de mise sur le marché devra être déposée et évaluée avant toute disponibilité en pharmacie.

Quels sont les traitements actuels de la maladie de Verneuil ?

Ça dépend de la sévérité. Des antibiotiques locaux ou oraux pour les formes légères, les biothérapies injectées (adalimumab notamment) pour les formes modérées à sévères, voire la chirurgie dans certains cas.

Comment savoir si mes lésions cutanées sont liées à la maladie de Verneuil ?

Des nodules douloureux récurrents dans les aisselles, l’aine ou sous les seins, qui évoluent depuis plusieurs mois ou années, doivent être examinés par un dermatologue. Un diagnostic précoce permet une prise en charge plus efficace.

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