- Concernés : les pilules Cerazette, Optimizette, Antigone, Elfasette (désogestrel) et l’implant contraceptif (étonogestrel).
- Le risque reste faible, 1 femme sur 67 000, mais il grimpe après 5 ans d’utilisation.
- Surtout : n’arrêtez jamais votre contraception sans en parler à votre médecin ou à votre pharmacie.
Qu’est-ce qui a changé, au juste ?
Le 9 juillet 2026, le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a validé de nouvelles recommandations. Elles concernent deux molécules contraceptives très répandues : le désogestrel et l’étonogestrel.
D’où vient cette décision ? D’une grande étude française menée par EPI-PHARE, le groupement scientifique qui réunit l’Assurance maladie et l’ANSM. Les chercheurs ont passé au crible les données de plusieurs millions de femmes. Verdict : un risque un peu plus élevé de méningiome. Le méningiome, c’est une tumeur qui se développe à partir des méninges. Pensez-y comme les enveloppes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. Neuf fois sur dix, elle est bénigne. Mais en grossissant, elle peut comprimer le cerveau et nécessiter une opération.
Ce n’est pas une première. Depuis 2020, l’acétate de cyprotérone (Androcur) était déjà dans le viseur. Puis, en 2023, l’acétate de nomégestrol (Lutényl) et l’acétate de chlormadinone (Lutéran). Le désogestrel et l’étonogestrel rejoignent la liste, sur la base de l’étude française publiée en 2026 et présentée à l’EMA en juillet.
Ce que ça change pour vous
Voici les contraceptifs directement concernés :
- Les pilules à base de désogestrel : Cerazette, Optimizette, Antigone, Elfasette.
- L’implant contraceptif à base d’étonogestrel, le petit bâtonnet glissé sous la peau du bras, actif 3 ans.
Maintenant, gardons la tête froide. Le risque reste exceptionnel. Selon EPI-PHARE, environ 1 femme sur 67 000 traitée par désogestrel développe un méningiome qui doit être opéré. Ce chiffre monte à 1 sur 17 000 après plus de cinq ans de traitement. Pour l’immense majorité des femmes, ces contraceptifs restent sûrs et efficaces.
Ce qui change concrètement
- Ces pilules et l’implant sont désormais contre-indiqués si vous avez eu ou avez un méningiome.
- Toutes les utilisatrices doivent être surveillées régulièrement, pour repérer d’éventuels signes.
- Les médecins doivent réévaluer la poursuite du traitement chez les femmes traitées depuis plusieurs années, surtout après 45 ans.
Le conseil de votre pharmacie
Une règle avant tout : n’arrêtez pas votre contraception sans consulter. C’est LE message des autorités sanitaires. Une grossesse non désirée comporte aussi des risques réels. Et couper une contraception hormonale sans solution de rechange adaptée peut avoir des conséquences sérieuses.
En revanche, si vous prenez l’une de ces pilules depuis plus de cinq ans, ou si vous approchez de la cinquantaine ? C’est le bon moment d’en parler. À votre prochain passage à l’officine, ou chez votre médecin. De toute façon, revoir sa contraception régulièrement, c’est une bonne habitude.
Les symptômes à surveiller et à signaler sans attendre :
- Des maux de tête inhabituels ou qui s’installent.
- Des troubles de la vision.
- Des bourdonnements dans les oreilles, ou une baisse de l’audition.
- Une perte d’odorat.
- Des crises d’épilepsie ou des troubles neurologiques inexpliqués.
Un de ces signes ? Consultez rapidement. C’est rare, mais ça mérite un avis.
L’essentiel de ce 18 juillet
L’EMA a confirmé un risque faible mais réel de méningiome avec le désogestrel et l’étonogestrel. Ces pilules et l’implant restent sûrs pour la grande majorité des femmes : ne les arrêtez jamais sans avis médical.
Un antécédent de méningiome ? Consultation obligatoire, et rapide. Et au moindre symptôme neurologique inhabituel, on en parle à son médecin. En cas de doute sur votre contraception, votre équipe officinale peut faire le point avec vous en quelques minutes.
- ANSM · Retour d’information sur le PRAC de juillet 2026, 17/07/2026.
- Santé Magazine, 17/07/2026.
- Ma-sante.news, 17/07/2026.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
Ces pilules sont-elles dangereuses ?
Non. Elles restent sûres pour l’immense majorité des femmes. Le risque de méningiome est réel, mais exceptionnel : moins d’une femme sur 67 000 par an. Il augmente avec la durée du traitement et l’âge, mais il reste très faible en valeur absolue. Pour l’EMA, le rapport bénéfice/risque penche toujours du bon côté.
Dois-je changer de contraceptif immédiatement ?
Seulement si vous avez des antécédents de méningiome. Dans ce cas, ces pilules sont désormais formellement contre-indiquées : parlez-en à votre médecin sans attendre. Sinon ? Aucune urgence. Attendez votre prochain rendez-vous pour faire le point tranquillement.
L’implant contraceptif (Nexplanon) est-il concerné ?
Oui. L’étonogestrel, la substance active de l’implant sous-cutané, fait partie des nouvelles recommandations de l’EMA, au même titre que les pilules à base de désogestrel. Vous portez un implant depuis plus de trois ans ? Abordez le sujet avec votre médecin au moment du renouvellement.










