Endométriose : une imagerie qui voit ce que l’IRM rate

MCS — Endométriose : une imagerie qui voit ce que l’IRM rate
Actualité santé 24 septembre 2026
1 actualité santé aujourd’hui
Une patiente consulte pour des douleurs à l’épaule droite. Des douleurs qui reviennent au même moment de chaque cycle. Personne ne fait le lien, parce que l’endométriose, on la cherche dans le ventre. Une équipe allemande a trouvé la lésion ailleurs.
À lire avant tout le reste

L’examen dont il est question ici n’est pas disponible en pratique courante. Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 18 femmes, dont 9 avec une endométriose suspectée ou confirmée. Les auteurs eux-mêmes concluent que ces résultats justifient des études prospectives. Ce n’est ni un changement de pratique, ni un examen à demander à son médecin. Ce qui suit vaut pour la piste qu’il ouvre, et pour un enseignement bien plus immédiat : une douleur cyclique peut se situer ailleurs que dans le bas-ventre.

✦ En bref
  • L’équipe de Münster a couplé une IRM à un examen TEP ciblant la protéine FAP, marqueur de fibrose et de remodelage des tissus.
  • Sur les segments analysés, 19 % étaient suspects avec l’IRM seule, contre 49 % avec l’examen combiné.
  • L’enseignement utilisable dès aujourd’hui : une IRM normale n’exclut pas une endométriose, et une douleur rythmée par le cycle mérite d’être signalée même si elle siège loin du ventre.
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On cherche toujours ses clés sous le lampadaire

C’est le détail de cette étude qui restera.

Une patiente souffre de l’épaule droite. Pas en continu : par épisodes, calés sur son cycle. L’imagerie combinée a révélé une lésion située sous le diaphragme droit, confirmée ensuite par cœlioscopie.

Pourquoi l’épaule ? Parce que le diaphragme et l’épaule partagent une innervation. Une irritation sous le diaphragme peut être ressentie tout en haut du thorax. Les médecins appellent ça une douleur projetée, et c’est parfaitement documenté.

Maintenant, comprenez pourquoi ces situations traînent des années. Une femme qui consulte pour l’épaule ne parle pas de ses règles. Un médecin qui examine une épaule ne demande pas où en est le cycle. Le lien, évident une fois posé, reste invisible parce que personne ne regarde en dehors de la zone éclairée.

Ce détail vaut plus que la technologie qui l’a révélé.

Ce que l’imagerie a vu

La protéine FAP, pour protéine d’activation des fibroblastes, est un marqueur de remodelage tissulaire et de fibrose. Une étude portant sur 245 prélèvements issus de 159 patientes opérées a montré une expression marquée de cette protéine dans 84 % des lésions d’endométriose, contre seulement 4 % des tissus témoins.

Voilà pourquoi cette cible intéresse : elle est présente dans la lésion, et quasi absente ailleurs.

L’équipe de l’université de Münster a donc couplé un traceur ciblant FAP à une IRM. Sur les segments analysés : 19 % suspects avec l’IRM seule, contre 49 % avec l’examen combiné. Dans le groupe endométriose, 41 % des segments montraient une captation focale en dehors de l’utérus, contre 13 % dans le groupe de référence. Et là où une cœlioscopie avait été réalisée, les résultats concordaient largement.

Pourquoi il faut rester mesuré

18 femmes. Dont 9 seulement dans le groupe endométriose. Et une analyse rétrospective, c’est-à-dire menée sur des examens déjà réalisés, pas sur un protocole conçu pour la question.

Les auteurs sont clairs : ces résultats soutiennent la conduite d’études prospectives. Preuve de faisabilité, donc. Pas validation.

Ajoutons le côté matériel. Cet examen mobilise un traceur radioactif et une machine couplée TEP-IRM, disponible dans une poignée de centres en Europe. Même si les études futures confirmaient l’intérêt, le chemin jusqu’à un usage courant serait long.

Ce qui est utile dès maintenant

Voilà la partie qui compte vraiment. Et elle ne dépend d’aucune machine.

En France, l’endométriose concerne 6 à 10 % des femmes en âge de procréer, soit plus de 2 millions de personnes. Le délai avant le diagnostic se compte encore en années : de 4 à 12 ans selon les études.

Une IRM normale n’exclut pas une endométriose

L’imagerie ne voit pas les lésions péritonéales superficielles, quelle que soit leur étendue. Beaucoup de femmes s’entendent dire que leur IRM est bonne et en concluent que la piste est fermée. Elle ne l’est pas.

Deuxième information : ce qui compte, c’est le rythme, pas seulement le siège. Une douleur qui revient au même moment du cycle mérite d’être signalée, qu’elle se situe dans l’épaule, le thorax, le dos, à la miction ou à la selle. C’est précisément l’information que personne ne pense à donner.

Le conseil du comptoir

Le geste le plus utile tient dans un carnet ou une application.

Pendant 3 cycles, notez chaque jour : les douleurs, leur localisation, leur intensité, et le jour du cycle. Rien d’autre. Au bout de 3 mois, si un motif apparaît, vous arrivez en consultation avec l’information la plus difficile à reconstituer de mémoire.

Et précisez systématiquement 2 choses : que les douleurs sont cycliques, et depuis quand. Même si le motif de consultation est une épaule.

Le conseil de la pharmacie

Si le parcours piétine, l’orientation vers un centre spécialisé en endométriose est légitime. Ces centres existent, et leur rôle est précisément de reprendre les dossiers où l’imagerie standard n’a rien montré.

Questions fréquentes

Puis-je demander cet examen à mon médecin ?

Non, il n’est pas disponible en pratique courante. C’est une étude de faisabilité sur 18 femmes, réalisée dans un centre universitaire allemand avec un équipement rare. Le parcours actuel repose sur l’échographie, l’IRM et l’avis spécialisé.

Mon IRM est normale, est-ce que ça exclut une endométriose ?

Non. L’imagerie ne détecte pas les lésions péritonéales superficielles. Une IRM normale ne referme pas la question, surtout si les symptômes sont évocateurs et cycliques.

Une douleur à l’épaule peut-elle vraiment venir de là ?

C’est rare, mais documenté. Une lésion située sous le diaphragme peut provoquer une douleur ressentie dans l’épaule, par un mécanisme de douleur projetée. Le caractère cyclique est l’indice à signaler.

✦ Ce qu’il faut retenir

L’essentiel de ce 24 septembre

Une équipe allemande a couplé IRM et TEP ciblée sur la protéine FAP. Résultat : 19 % de segments suspects avec l’IRM seule, 49 % avec l’examen combiné. Mais 18 femmes seulement, une analyse rétrospective, et un examen indisponible. Piste de recherche, rien de plus.

Ce qui reste, en revanche, ne nécessite aucun équipement. Une IRM normale n’exclut pas la maladie. Et une douleur qui revient au même moment du cycle mérite d’être signalée, même si elle siège dans l’épaule. Le reste tient dans un carnet tenu sur 3 cycles.

Sources
  1. Schindler P, Brandt J, Bobe S et al., « Initial Results of FAPI PET/MRI to Assess the Extent of Endometriosis », Journal of Nuclear Medicine, 3 août 2026, 67(8):1232-1238, DOI 10.2967/jnumed.125.271376.
  2. Étude sur l’expression de la protéine FAP dans les lésions d’endométriose, 245 prélèvements issus de 159 patientes opérées.
  3. Enquête EndoVie 2 sur le parcours des femmes et la prise en charge de l’endométriose en France.
ℹ️

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.

Mercédès Monziols
Rédigé par
Mercédès Monziols
Pharmacienne — Pharmacie Saint Julien
Pharmacienne exerçant à la Pharmacie Saint Julien, je vous apporte des réponses claires, fiables et validées par une professionnelle de santé pour vous accompagner au quotidien.

Puis-je demander cet examen à mon médecin ?

Non, cette imagerie n’est pas disponible en pratique courante. Il s’agit d’une étude de faisabilité rétrospective portant sur 18 femmes, réalisée dans un centre universitaire allemand avec un équipement couplé TEP-IRM que très peu de centres possèdent en Europe. Le parcours diagnostique actuel repose sur l’échographie pelvienne, l’IRM et l’avis d’un spécialiste.

Mon IRM est normale, est-ce que cela exclut une endométriose ?

Non, et c’est un point essentiel souvent mal compris. L’imagerie ne détecte pas les lésions péritonéales superficielles, quelle que soit leur étendue. Une IRM normale ne referme donc pas la question, en particulier si les symptômes sont évocateurs et rythmés par le cycle.

Une douleur à l’épaule peut-elle vraiment venir d’une endométriose ?

C’est rare, mais documenté. Une lésion située sous le diaphragme peut provoquer une douleur ressentie dans l’épaule, par un mécanisme de douleur projetée, le diaphragme et l’épaule partageant une innervation. L’indice à signaler à votre médecin est le caractère cyclique de la douleur.

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