- Seules 2 catégories sont remboursées : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles. Rien d’autre.
- Ni tampons, ni serviettes jetables, ni serviettes lavables, ni disques menstruels.
- Et même dans les 2 catégories couvertes, tous les modèles du marché ne sont pas éligibles : le cahier des charges est très exigeant.
La liste qui va décevoir
Autant qu’elle soit claire tout de suite.
- Les tampons. Non concernés.
- Les serviettes hygiéniques jetables. Non concernées.
- Les serviettes lavables. Non concernées, et c’est la déception la plus fréquente, parce qu’elles sont réutilisables elles aussi.
- Les disques menstruels. Non concernés non plus, alors qu’ils sont proches des coupes dans l’usage.
Le périmètre initialement envisagé dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 était plus large. C’est le décret d’avril 2026 qui l’a restreint aux coupes et aux culottes.
Rien dans les textes n’exclut une extension future. Le dispositif repose sur une liste de produits et prestations, et une liste peut s’étoffer.
Ce n’est pas une liste de courses, c’est un concours d’entrée
Même dans les 2 catégories retenues, le référencement se gagne. Chaque référence doit constituer un dossier technique complet et obtenir un code d’identification individuel. Voici les épreuves.
Pour une culotte menstruelle
- une capacité d’absorption d’au moins 12 ml, et l’obligation pour le fabricant de proposer au moins un modèle atteignant 20 ml dans sa gamme,
- une résistance prouvée à au moins 52 cycles de lavage à 30 °C minimum, soit environ 8 mois d’usage régulier,
- une certification Oeko-Tex Standard 100 classe I ou II sur l’intégralité du produit, et du coton biologique ou du lyocell au contact de la peau,
- au moins 8 tailles différentes par modèle, dont obligatoirement une taille adolescente 12-14 ans.
Pour une coupe menstruelle
- une composition intégrale en silicone médical catalysé au platine, ou en élastomère thermoplastique de grade médical,
- aucun colorant, aucun additif, et surtout aucun ion d’argent,
- au moins 2 tailles : une de contenance inférieure ou égale à 20 ml, l’autre entre 20 et 30 ml.
S’y ajoutent des exigences sociales, environnementales et de traçabilité pour les fabricants.
L’épreuve qui explique tout le reste
Pourquoi interdire les ions d’argent, souvent ajoutés pour leurs propriétés antibactériennes ? Parce qu’ils sont suspectés de perturber l’équilibre de la flore vaginale.
Et l’exigence la plus parlante est ailleurs. L’arrêté impose un test de tolérance en conditions réelles, sous contrôle gynécologique et dermatologique, sur un panel d’au moins 30 personnes, avec un port de 10 à 12 heures par jour pendant au moins 21 jours incluant obligatoirement un épisode menstruel.
Autrement dit, ce cahier des charges n’est pas de la paperasse. Il découle d’un avis de l’Anses rendu en juin, et il vise l’innocuité d’un produit porté au contact d’une muqueuse, plusieurs jours par mois, pendant des années.
Recalé ne veut pas dire mauvais. Ça veut dire qu’il ne coche pas l’une de ces cases, ou que son fabricant n’a pas encore déposé le dossier technique nécessaire au référencement.
Un concours qui ne fait pas l’unanimité
Autant le dire, parce que le sujet est débattu chez les fabricants.
La cofondatrice d’une marque française, dont les modèles sont testés pour résister à 300 lavages, estime que le seuil de 52 lavages est trop bas et craint qu’il ouvre la porte à des produits importés à bas coût. Elle juge aussi le prix de cession insuffisant face au coût d’une fabrication française, qu’elle situe autour de 9,30 € marge et distribution comprises.
Elle salue en revanche l’obligation du test de tolérance en conditions réelles.
C’est le paradoxe de ce genre de dispositif : un cahier des charges assez strict pour rassurer sur la sécurité, et un prix plafonné assez bas pour que certains fabricants hésitent à y entrer. Les premières semaines diront quelles marques ont fait le pas.
Le conseil du comptoir
Appelez avant de venir. C’est le conseil numéro un aujourd’hui. Le référencement se fait référence par référence, avec un dossier technique complet à chaque fois, et toutes les officines n’auront pas les mêmes produits disponibles au démarrage.
N’achetez pas ailleurs en pensant vous faire rembourser après. La délivrance en pharmacie est une condition du remboursement, pas une option. Un produit identique acheté en grande surface ou en ligne n’ouvre aucun droit, même avec le ticket.
Ne jetez pas vos serviettes lavables pour autant. Elles ne sont pas remboursées, mais elles restent parfaitement utilisables. Le dispositif ne dit rien de la qualité des produits qu’il exclut : il dit seulement ce que l’Assurance Maladie prend en charge.
Faites le calcul sur l’année. 2 produits remboursés par période de 12 mois, comptés de date à date depuis votre première délivrance. Une culotte et une coupe, par exemple, couvrent deux usages différents.
Pour les conditions complètes, les prix et la marche à suivre, tout est dans notre mode d’emploi du dispositif.
Questions fréquentes
Mes serviettes lavables sont réutilisables, pourquoi ne sont-elles pas remboursées ?
Parce que le décret d’avril 2026 a restreint le périmètre à 2 catégories seulement, les culottes et les coupes. Le périmètre initialement envisagé était plus large. Rien n’exclut une extension à l’avenir, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.
J’ai acheté une culotte en ligne la semaine dernière, puis-je me faire rembourser ?
Non. La délivrance en pharmacie fait partie des conditions du dispositif, et seules les références inscrites sur la liste officielle ouvrent droit à la prise en charge.
Comment savoir si un modèle est référencé ?
Demandez-nous. Chaque référence éligible dispose d’un code d’identification individuel, que nous vérifions au moment de la délivrance. Inutile de chercher une mention sur l’emballage.
L’essentiel de ce 1er octobre
Le remboursement démarre aujourd’hui, et il est plus étroit que ce que beaucoup imaginent. Ni tampons, ni serviettes jetables, ni serviettes lavables, ni disques menstruels. Seules les culottes et les coupes, et seulement si elles ont passé le concours d’entrée.
Ce concours a des raisons sanitaires solides : absorption minimale, 52 lavages, certification Oeko-Tex, matériaux de grade médical, ions d’argent interdits, et un test de tolérance en conditions réelles sur au moins 30 personnes. Recalé ne veut donc pas dire mauvais. Reste le réflexe du jour : un message avant de vous déplacer, et vous saurez ce qu’on a en rayon.
- Arrêté du 6 août 2026 définissant les modalités de prise en charge des protections périodiques réutilisables, Journal officiel du 7 août 2026. Lien
- Décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 relatif à la prise en charge par l’assurance maladie des protections périodiques réutilisables.
- Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, 22 juin 2026.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
Mes serviettes lavables sont réutilisables, pourquoi ne sont-elles pas remboursées ?
Parce que le décret d’avril 2026 a restreint le périmètre du dispositif à deux catégories seulement : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles. Le périmètre initialement envisagé dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 était plus large. Rien n’exclut une extension future, mais elle n’est pas prévue à ce jour.
J’ai acheté une culotte en ligne la semaine dernière, puis-je me faire rembourser ?
Non. La délivrance en pharmacie d’officine est une condition du remboursement, pas une simple modalité pratique. Et seules les références inscrites sur la liste officielle, avec leur code d’identification individuel, ouvrent droit à la prise en charge. Un produit identique acheté ailleurs n’ouvre aucun droit.
Comment savoir si un modèle est référencé et remboursable ?
Demandez-le à votre pharmacie. Chaque référence éligible dispose d’un code d’identification individuel attribué après examen d’un dossier technique complet, et c’est ce code qui est vérifié au moment de la délivrance. Aucune mention sur l’emballage ne permet de le savoir à l’avance.










