- Diurétiques, anti-inflammatoires, antidépresseurs : plusieurs traitements courants peuvent accentuer les risques liés à la canicule
- La chaleur peut aussi altérer l’efficacité des patchs médicamenteux et des dispositifs de surveillance de la glycémie
- On n’interrompt jamais un traitement sans l’avis de son médecin ou de sa pharmacie
Pourquoi la chaleur change tout pour certains traitements
Le thermomètre dépasse les 35°C. Votre corps passe en mode survie. Il transpire, il dilate les vaisseaux, il réorganise la circulation pour tenir sa température interne. Des réflexes vitaux. Sauf que certains médicaments viennent gripper la machine.
Résultat : le risque de déshydratation, de malaise ou de coup de chaleur grimpe. Parfois beaucoup. Et ce sont les plus fragiles qui trinquent en premier : les seniors, les personnes atteintes de maladies chroniques, celles qui jonglent avec plusieurs traitements en même temps.
Voilà pourquoi l’ANSM répète ses recommandations chaque été, aux patients comme aux professionnels de santé. Cette année avec une raison de plus : des épisodes de canicule déjà recensés dans plusieurs régions françaises dès le mois de juin.
Les médicaments à surveiller de près
Certaines familles de médicaments demandent une vigilance particulière quand il fait très chaud.
Les diurétiques et certains laxatifs poussent l’organisme à éliminer l’eau. Ajoutez la transpiration de la canicule par-dessus, et la déshydratation peut devenir sévère. Avec, au bout, un risque d’hypotension ou d’insuffisance rénale.
Certains antidépresseurs, antipsychotiques et médicaments contre la maladie de Parkinson brouillent la régulation de la température corporelle. Le corps n’arrive plus à se refroidir tout seul. Le coup de chaleur guette.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et l’aspirine, qu’on avale souvent tout seul pour une douleur banale, peuvent abîmer les reins quand l’organisme est déshydraté.
Les antihypertenseurs méritent eux aussi un œil attentif. La chaleur dilate déjà les vaisseaux. Ajoutez l’effet du traitement : la tension chute, et le risque de chute avec.
Ce que ça change pour vous
La chaleur ne s’attaque pas qu’à votre corps. Elle peut aussi s’en prendre à vos médicaments eux-mêmes.
Les patchs médicamenteux détestent la sueur. La transpiration décolle le patch et perturbe l’absorption du principe actif. Patchs antidouleur, nicotiniques, hormonaux ou cardiaques : tous concernés.
Les médicaments thermosensibles comme l’insuline, certains vaccins ou collyres doivent rester entre 2 et 8°C en permanence. En pleine canicule, ce détail devient capital, surtout dans une voiture ou en vacances. Une pochette isotherme, et le problème est réglé.
Les dispositifs de surveillance, comme les capteurs de glycémie portés en continu, peuvent perdre en précision quand la température grimpe trop haut.
Soleil et médicaments : méfiez-vous des réactions cutanées
Certains traitements transforment votre peau en éponge à UV. Même une exposition courte suffit. On appelle ça la photosensibilisation.
Qui est concerné ? Certains antibiotiques (doxycycline, tétracyclines), des médicaments contre l’acné (rétinoïdes), certains diurétiques, des anti-inflammatoires, des médicaments du cholestérol et certains traitements psychiatriques.
L’ANSM insiste sur un cas précis : les gels contenant du kétoprofène (Ketum gel, Bi-Profénid gel). Même une fois le traitement arrêté, la zone d’application doit rester à l’abri du soleil pendant plusieurs semaines. Sinon, gare aux réactions cutanées, parfois sévères.
Les bons réflexes avant de partir
Avant les vacances, posez les bonnes questions à votre pharmacie. Trois suffisent :
- Mes médicaments craignent-ils la chaleur ? Comment les conserver ?
- Certains me rendent-ils plus vulnérable au soleil ou à la chaleur ?
- Dois-je adapter mes prises quand il fait très chaud ?
Et au quotidien, quelques réflexes simples :
- Boire régulièrement, même sans soif
- Relire la notice de chaque médicament pris tous les jours
- Ne jamais arrêter un traitement sans avis médical
- Éviter le soleil prolongé si vous prenez des médicaments photosensibilisants
- Transporter les médicaments thermosensibles dans un contenant isotherme
Avant de partir, passez nous voir avec votre ordonnance. En deux minutes, on vous dit quels médicaments craignent la chaleur, lesquels rendent votre peau sensible au soleil, et comment les transporter sans risque pendant le trajet.
L’essentiel de ce 18 juin
Diurétiques, antidépresseurs, AINS et antihypertenseurs peuvent devenir dangereux par forte chaleur. Certains médicaments rendent aussi la peau sensible au soleil, comme le kétoprofène en gel. Et l’insuline, les vaccins ou les collyres se conservent entre 2 et 8°C, même en vacances.
Le bon réflexe avant les départs estivaux : un passage à votre pharmacie pour faire le point sur vos traitements. C’est gratuit, et ça évite bien des mauvaises surprises.
- ANSM — Médicaments et fortes chaleurs : recommandations aux patients et professionnels de santé.
- PasseportSanté — Canicule et médicaments : les risques liés à la chaleur, 17/06/2026. Lien
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacie. Mentions légales complètes.
Quels médicaments sont les plus à risque cet été ?
Surtout les diurétiques, certains antidépresseurs, les AINS, l’aspirine et les antihypertenseurs. À part, les médicaments photosensibilisants (antibiotiques, rétinoïdes, kétoprofène en gel) posent un problème spécifique au soleil. En cas de doute, votre pharmacie fait le point avec vous.
Peut-on arrêter son traitement pendant une canicule ?
Non. On ne modifie ni n’interrompt jamais un traitement sans l’avis d’un professionnel de santé. Si quelque chose vous inquiète, votre médecin ou votre pharmacie évaluera s’il faut adapter quoi que ce soit.
Le paracétamol est-il utile en cas de coup de chaleur ?
Non. Un coup de chaleur n’est pas une fièvre infectieuse : le paracétamol n’agit pas sur ce mécanisme. La priorité, c’est de refroidir le corps vite (déshabiller, humidifier, mettre à l’abri) et d’appeler le 15 (SAMU) sans attendre.










