Dix crèmes solaires achetées sur Temu, Shein et AliExpress, un passage en laboratoire, et neuf produits non conformes. Pour six d’entre eux, l’écart entre l’indice affiché et la protection réellement mesurée va de 38 % à 98 %. Le vrai danger n’est pas l’absence de crème : c’est de se croire protégé.
- 9 produits sur 10 non conformes sur les dix crèmes testées par Que Choisir Ensemble, résultats publiés le 8 juillet 2026.
- Six écarts de 38 % à 98 % entre l’indice inscrit sur le tube et l’indice mesuré en laboratoire.
- Trois contenaient une substance interdite dans l’Union européenne ; la seule crème correctement protectrice renferme un perturbateur endocrinien.
- Trois repères avant d’acheter : logo UVA cerclé, responsable identifié dans l’UE, étiquetage complet.
Dix tubes, un laboratoire, aucun résultat satisfaisant
Le 8 juillet 2026, Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir) a publié les résultats de tests menés en laboratoire avec d’autres organisations européennes de consommateurs, sur dix crèmes solaires achetées sur AliExpress, Shein et Temu. Des produits vendus entre 1,55 et 6,65 euros.
Aucun n’obtient un résultat satisfaisant.
Six autres affichent des écarts que l’association qualifie d’abyssaux entre l’indice inscrit sur le tube et la protection réellement mesurée : de 38 % à 98 % de moins. Un produit vendu comme SPF 50 peut ainsi n’offrir qu’une protection résiduelle, proche de rien.
Reste une seule crème dont les valeurs de protection sont jugées acceptables. Sa composition pose un autre problème : elle contient de l’ethylhexyl methoxycinnamate, un perturbateur endocrinien.
Les UV ne se limitent pas au coup de soleil. Ils s’accumulent tout au long de la vie, et cette accumulation reste le principal facteur de risque des cancers cutanés. Un été passé avec une fausse protection ne se rattrape pas.
Ce que les autorités ont fait
Que Choisir Ensemble a saisi l’ARCOM et signalé les cas à la DGCCRF. Les plateformes ont retiré les références concernées, certaines annonçant suspendre temporairement la vente de produits solaires dans l’Union européenne : un aveu, en creux, sur la maîtrise de la conformité en amont.
Trois vérifications avant de mettre un tube dans le panier
Le logo UVA
En Europe, les lettres UVA entourées d’un cercle sont obligatoires. Elles garantissent que la protection contre les UVA représente au moins un tiers du SPF affiché. Un tube sans ce logo n’est pas conforme, quel que soit l’indice annoncé.
Un responsable identifié dans l’Union européenne
Une adresse européenne doit figurer sur l’emballage : c’est cette entité qui répond de la conformité du produit. Une étiquette uniquement en anglais ou en chinois, sans adresse, doit faire renoncer à l’achat.
Un étiquetage complet
Indice, durée d’utilisation après ouverture, composition lisible : ces informations doivent être présentes et compréhensibles.
L’essentiel de ce 5 septembre. Neuf crèmes solaires sur dix achetées sur les grandes plateformes ne tiennent pas leurs promesses, avec jusqu’à 98 % d’écart entre l’indice annoncé et l’indice mesuré. Une protection fictive est plus risquée qu’une absence de protection, parce qu’elle supprime le signal qui pousse à se mettre à l’ombre.
Avant d’acheter, cherchez le logo UVA cerclé, une adresse de responsable dans l’Union européenne et un étiquetage complet. Et gardez l’ordre des priorités : l’ombre, le vêtement et le chapeau d’abord, la crème ensuite.
- Que Choisir Ensemble, « Test des crèmes solaires vendues sur Temu, Shein et AliExpress : 9 sur 10 dangereuses pour la santé des consommateurs », 8 juillet 2026 — quechoisir.org
- Que Choisir Ensemble, communiqué de presse (PDF), 8 juillet 2026 — sudisere.quechoisirensemble.fr
- Franceinfo, « Neuf crèmes solaires sur dix vendues sur Temu, Shein et AliExpress sont dangereuses pour la santé, selon une étude de Que Choisir Ensemble », 8 juillet 2026 — franceinfo.fr
Préparatrice au sein de la Pharmacie Saint Julien, je conçois mon métier comme un véritable accompagnement de proximité : écouter, expliquer, rassurer et orienter chaque personne vers la solution la plus adaptée à sa situation.
Ma crème solaire de l’an dernier est-elle encore utilisable ?
Si elle a été conservée à l’abri de la chaleur et que la durée d’utilisation après ouverture n’est pas dépassée, oui. Un tube resté tout l’été dans une voiture ou sur le sable brûlant a pu voir ses filtres se dégrader : texture qui se sépare, odeur ou couleur modifiée, on jette.
SPF 30 ou SPF 50, quelle différence réelle ?
L’écart en pourcentage d’UVB filtrés est plus faible qu’on ne l’imagine, mais la marge compte pour les peaux claires, les enfants et les expositions prolongées. Dans ces situations, prenez un 50+. Aucun produit n’est un « écran total » : cette mention est interdite depuis longtemps, précisément parce qu’elle est fausse.
Faut-il payer cher pour être bien protégé du soleil ?
Non. Les crèmes solaires de grande surface et celles vendues en officine sont soumises aux mêmes obligations, et beaucoup de références abordables sont excellentes. Ce qui compte, c’est le circuit de vente, pas le prix.










