Désogestrel, Cerazette, Nexplanon : ce que change la nouvelle alerte sur le risque de méningiome

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Actualité santé 13 août 2026
1 actualité santé aujourd’hui
Votre notice a changé. Pas votre pilule. Depuis le 11 août 2026, les contraceptifs au désogestrel mentionnent un risque rare de méningiome, à raison de 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées. Voilà ce que ça change vraiment, et surtout ce que ça ne change pas.
✦ En bref
  • Les notices de Cerazette, Nexplanon et des autres contraceptifs au désogestrel intègrent désormais un risque rare de méningiome
  • Ce risque reste très faible : 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées, et il disparaît à l’arrêt
  • Ne stoppez pas votre pilule sans en parler d’abord à votre pharmacie ou à votre médecin
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Désogestrel, Cerazette, Nexplanon : ce que change la nouvelle alerte sur le risque de méningiome

Le 11 août 2026, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a publié une information de sécurité sur les contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel. Traduction : leur notice mentionne maintenant un risque rare, mais bien reconnu, de méningiome. Ça sort d’où ? D’un travail scientifique européen. Le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments (PRAC) a passé au crible une grande étude française du GIS EPI-PHARE (groupement ANSM-Cnam), publiée dans le British Medical Journal en 2025. Plus de 92 000 femmes suivies. Le constat : au-delà de 5 ans d’utilisation continue, le désogestrel est associé à une faible augmentation du risque de méningiome intracrânien.

Un méningiome, c’est quoi au juste ?

Une tumeur qui se développe dans les membranes qui emballent le cerveau et la moelle épinière. Voyez ça comme un pli qui se forme dans la housse, pas dans le matelas. Dans la grande majorité des cas, elle est bénigne et pousse très lentement. Selon sa taille ou sa position, elle peut quand même provoquer des maux de tête persistants, des troubles visuels ou auditifs, des difficultés de concentration ou de mémoire.

  • Pilules microprogestatives au désogestrel 75 µg : Cerazette, Antigone, Optimizette, Elfasette et leurs génériques (Biogaran, Cristers, Sandoz)
  • Pilules combinées désogestrel + éthinylestradiol : Mercilon, Desobel, Varnoline et génériques
  • L’implant contraceptif Nexplanon, à l’étonogestrel, dérivé actif du désogestrel

Ce que ça change pour vous

Une notice qui change, ça inquiète. Normal. Alors remettons les chiffres à leur place. L’étude EPI-PHARE l’estime ainsi : il faut traiter 67 300 femmes avec du désogestrel pour observer un cas de méningiome supplémentaire. Au-delà de 5 ans d’utilisation, on passe à 1 pour 17 000. C’est encore très loin de ce qu’on connaît avec d’autres progestatifs comme la cyprotérone (Androcur) ou le nomégestrol (Lutényl).

Et le risque s’efface. Un an après l’arrêt du désogestrel, le sur-risque n’est plus détectable dans les données. Il ne s’accumule pas à vie. Ce n’est pas une dette, c’est un compteur qui se remet à zéro. Concrètement, le méningiome est désormais listé comme effet indésirable de « fréquence indéterminée » dans la notice, le désogestrel et l’étonogestrel sont contre-indiqués chez les femmes ayant eu un méningiome ou l’ayant actuellement, et les utilisatrices doivent connaître les signes d’alerte.

Les signes d’alerte à ne pas ignorer

Maux de tête inhabituels ou persistants · troubles de la vision ou de l’audition (bourdonnements) · perte de mémoire ou difficultés de concentration · faiblesse dans les bras ou les jambes · nouvelles crises d’épilepsie ou aggravation. Si ces symptômes apparaissent, consultez votre médecin : une IRM sera prescrite si nécessaire.

Dois-je arrêter ma pilule ?

C’est la question qui revient dix fois par jour au comptoir en ce moment. La réponse est non. Pas seule, en tout cas. Arrêter brutalement un contraceptif, c’est ouvrir la porte à une grossesse non désirée. Et le risque de méningiome lié au désogestrel, bien que réel, reste très faible : il concerne surtout les femmes qui prennent ce contraceptif depuis plus de 5 ans, souvent après 45 ans.

Vous êtes dans ce cas de figure, utilisation longue durée ou plus de 45 ans ? C’est le bon moment pour remettre votre contraception sur la table avec votre médecin ou votre sage-femme, au prochain rendez-vous. D’autres méthodes existent, selon votre profil et vos antécédents. Côté imagerie, l’ANSM est nette : l’IRM cérébrale n’est pas recommandée de façon systématique. Elle n’est indiquée qu’en cas de symptômes évocateurs, ou si vous avez été exposée auparavant à des progestatifs à risque élevé connu (nomégestrol, cyprotérone, chlormadinone, médrogestone).

Le conseil de la pharmacie

Passez nous voir avec votre historique contraceptif : durée de traitement, changements de spécialité, antécédents. On fait le point ensemble et vous arrivez chez votre médecin avec les bonnes informations, pas les mains vides. Et on le répète : aucune décision d’arrêt ne se prend seule devant une notice.

✦ Ce qu’il faut retenir

L’essentiel de ce 13 août

La mise à jour des notices est une mesure de transparence, pas une alerte d’urgence. Le risque de méningiome lié au désogestrel est rare, 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées, et il est réversible à l’arrêt du traitement.

Restez attentive aux signes d’alerte, sans vous alarmer inutilement. Et si votre traitement dure depuis plus de 5 ans, ou si vous avez plus de 45 ans, profitez du prochain renouvellement pour réévaluer votre contraception avec votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacie.

Sources
  1. ANSM · Information de sécurité, contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel, 11 août 2026 · ansm.sante.fr
  2. GIS EPI-PHARE (ANSM-Cnam) · Étude contraception et risque de méningiome, British Medical Journal, 2025 · epi-phare.fr
  3. PRAC · Agence européenne des médicaments, Highlights, juillet 2026
  4. Pharma365 · Actualité professionnelle, août 2026 · pharma365.fr
ℹ️

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.

Stéphanie Maffre
Rédigé par
Stéphanie Maffre
Préparatrice — Pharmacie Saint Julien
Des années à l’écoute des patients, cherchant toujours les mots justes pour expliquer un traitement ou rassurer une inquiétude. Aujourd’hui, c’est à travers l’écriture que je poursuis cette mission.

Ma pilule est-elle dans la même catégorie que les médicaments à risque élevé déjà connus ?

Non. Androcur (cyprotérone) et Lutényl (nomégestrol) sont associés à un risque de méningiome bien plus important, avec un suivi renforcé dès 2021. Le désogestrel, c’est un autre ordre de grandeur : environ +25 % en utilisation prolongée selon EPI-PHARE, contre +50 à +200 % pour les autres progestatifs.

Et la contraception d’urgence, Norlevo, Ellaone ?

Pas concernée. L’étude EPI-PHARE n’a trouvé aucun sur-risque de méningiome avec le lévonorgestrel seul, ni combiné à des œstrogènes.

Ma fille de 20 ans prend Cerazette, doit-elle s’inquiéter ?

Le sur-risque concerne surtout les femmes de plus de 45 ans ou celles sous désogestrel depuis plus de 5 ans. Pour une jeune femme sans antécédent de méningiome, le niveau de risque est extrêmement faible. L’essentiel : connaître les signes d’alerte et en parler au prochain renouvellement.

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