- La néphropathie à IgA est une maladie rénale auto-immune, première cause de maladie glomérulaire dans le monde, touchant souvent de jeunes adultes.
- L’atrasentan, nouveau traitement oral quotidien, ralentit significativement le déclin de la fonction rénale sur 2,5 ans.
- L’essai ALIGN a suivi 404 patients dans 20 pays, avec un profil de tolérance rassurant.
- Un simple contrôle de la protéinurie (protéines dans les urines) permet un dépistage précoce.
Qu’est-ce que la néphropathie à IgA ?
La néphropathie à IgA, aussi appelée maladie de Berger, est une maladie rénale auto-immune. Des anticorps, les immunoglobulines A (IgA), s’accumulent anormalement dans les reins et provoquent une inflammation chronique des glomérules, les unités de filtration du rein. Imaginez des filtres qui s’encrassent, lentement, sans que rien ne le signale.
Une maladie qui avance en silence
Elle constitue la première cause de maladie rénale glomérulaire dans le monde, et touche préférentiellement de jeunes adultes, avec une légère prédominance masculine. Le problème, c’est justement ce silence. La maladie évolue souvent sans symptôme pendant des années.
- Le principal signe d’alerte est une protéinurie, c’est-à-dire une présence anormale de protéines dans les urines, parfois découverte par hasard lors d’un bilan de routine.
- Autre signal possible : des épisodes de sang dans les urines après une infection ORL.
- Sans prise en charge, la maladie peut évoluer vers une insuffisance rénale terminale, avec dialyse ou greffe, chez environ 20 à 40 % des patients dans les 20 ans suivant le diagnostic.
L’essai ALIGN : des résultats encourageants sur 2,5 ans
L’essai clinique ALIGN, publié dans The Lancet en juin 2026, a testé l’atrasentan, un antagoniste sélectif du récepteur de l’endothéline A. En clair : une molécule qui agit sur les vaisseaux sanguins rénaux pour réduire l’inflammation et la pression au niveau des glomérules.
404 patients, 20 pays, 132 semaines
L’étude a inclus 404 patients dans 133 centres répartis dans 20 pays, tous atteints d’une néphropathie à IgA confirmée par biopsie et déjà sous traitement de référence (inhibiteurs du système rénine-angiotensine). Les participants ont reçu soit l’atrasentan en comprimé quotidien, soit un placebo, pendant 132 semaines, environ 2,5 ans.
Le résultat : un ralentissement significatif du déclin de la fonction rénale, mesuré par le DFG (débit de filtration glomérulaire), chez les patients traités par atrasentan par rapport au placebo. Le bénéfice était présent que les patients prennent ou non en parallèle un inhibiteur SGLT2, une autre classe de médicament néphroprotecteur. Avec, en association, un effet encore plus marqué.
Le DFG, ou débit de filtration glomérulaire, mesure la capacité des reins à filtrer le sang. C’est l’indicateur de référence pour suivre l’évolution d’une maladie rénale dans le temps.
Un profil de sécurité rassurant
Côté tolérance, les effets indésirables étaient globalement équilibrés entre le groupe traité et le groupe placebo, sans nouveau signal de sécurité identifié.
Le point à surveiller
Le principal effet indésirable à surveiller est la rétention hydrique, légèrement plus fréquente sous atrasentan (14 % contre 12 % sous placebo). C’est un effet connu de cette famille de molécules, généralement gérable par un ajustement thérapeutique. Ces résultats s’ajoutent à d’autres avancées récentes dans la prise en charge de la néphropathie à IgA. Un domaine longtemps resté pauvre en options ciblées, où l’essentiel des traitements se limitait à ralentir la progression de façon non spécifique : contrôle de la tension artérielle, réduction de la protéinurie.
Ces résultats proviennent d’un essai clinique de phase 3. L’atrasentan n’est pas disponible en France : une demande d’autorisation devra être évaluée par les autorités de santé européennes et françaises.
Pourquoi un dépistage précoce est essentiel
Une maladie qui ne prévient pas se repère autrement : par les examens de routine. Une simple bandelette urinaire, ou un dosage du rapport protéinurie/créatininurie, suffit à repérer une atteinte rénale débutante.
Les filtres abîmés ne se réparent pas
Et c’est là que tout se joue. Un dépistage précoce, combiné à l’arrivée de nouveaux traitements comme l’atrasentan, ouvre la possibilité de ralentir considérablement la progression de la maladie avant l’apparition de dommages rénaux irréversibles.
Un bilan urinaire de routine signale des protéines ou du sang dans vos urines ? Ne le laissez pas dormir dans un tiroir. Reprenez rendez-vous avec votre médecin pour en discuter, même si vous ne ressentez absolument rien.
L’essentiel de ce 29 août
La néphropathie à IgA reste une maladie peu connue du grand public, alors qu’elle représente un enjeu majeur de santé rénale, en particulier chez les jeunes adultes. L’arrivée de nouveaux traitements comme l’atrasentan offre un espoir concret pour ralentir sa progression.
Un bilan sanguin ou urinaire de routine révèle une anomalie, protéinurie ou sang dans les urines ? N’attendez pas pour consulter. Un dépistage précoce fait toute la différence pour la santé de vos reins sur le long terme.
- The Lancet · « Atrasentan in patients with IgA nephropathy (ALIGN): final 2·5-year results from a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial » · 13 juin 2026.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
Comment sait-on qu’on est atteint de néphropathie à IgA ?
Le diagnostic nécessite une biopsie rénale, généralement réalisée après la découverte d’une protéinurie ou d’une hématurie (sang dans les urines) persistante lors d’un bilan sanguin ou urinaire de routine.
L’atrasentan est-il déjà disponible en France ?
Ces résultats sont issus d’un essai clinique de phase 3 publié en juin 2026. Une demande d’autorisation devra être évaluée par les autorités de santé européennes et françaises avant toute disponibilité en pharmacie.
Cette maladie est-elle héréditaire ?
Des facteurs génétiques et immunologiques sont impliqués, mais la néphropathie à IgA n’est pas une maladie strictement héréditaire au sens classique. Des formes familiales existent, elles restent minoritaires.
Un simple bilan sanguin permet-il de détecter cette maladie ?
Un bilan urinaire (recherche de protéinurie et d’hématurie) est le premier examen à réaliser en cas de suspicion. Seule une biopsie rénale permet de confirmer le diagnostic avec précision.










