- La noyade est la 1ère cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans en France.
- L’été 2025 a compté 1 418 noyades et 409 décès. Soit 14 % de plus qu’en 2024.
- Pousser quelqu’un dans l’eau, boire un verre avant de nager ou lâcher ses enfants des yeux : voilà les comportements qui tuent le plus.
Un été 2026 qui s’annonce à risque
Le 10 juillet 2026, Santé publique France a ressorti ses recommandations pour l’été. Et relancé sa campagne #COULEPASTONÉTÉ. Pourquoi tant d’insistance ? Parce que 2025 a battu des records qu’on aurait préféré ne jamais voir. Les canicules ont poussé les Français vers l’eau. En masse.
Regardez ces chiffres. Entre le 19 juin et le 8 juillet 2025, en pleine vague de chaleur, 355 noyades ont été recensées. C’est 135 % de plus qu’à la même période en 2024. Les noyades suivies de décès ? Elles ont bondi de 172 %. La corrélation est directe : plus il fait chaud, plus les plans d’eau se remplissent, plus le risque grimpe.
Nous sommes le 14 juillet 2026. Jour de fête nationale. Piscine, lac, rivière, mer : tout le monde est au bord de l’eau. Le risque est à son maximum. Voici ce qu’il faut savoir. Et surtout, ce qu’il faut éviter.
Les 4 comportements les plus dangereux au bord de l’eau
1. Pousser quelqu’un dans l’eau : le « jeu » qui peut tuer
C’est LE geste banalisé au bord d’une piscine. Et l’un des plus dangereux. « Pousser quelqu’un dans l’eau peut provoquer une hydrocution, un choc thermique brutal qui peut entraîner une noyade », alerte le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo.
L’hydrocution, c’est quoi ? La réaction violente du corps face à un changement brutal de température. Vous êtes au soleil, vos vaisseaux sanguins sont dilatés. Vous plongez d’un coup dans une eau froide. Les vaisseaux se contractent brutalement. La pression artérielle grimpe en flèche. Le cœur peine, la respiration se coupe, et vous pouvez perdre connaissance en quelques secondes. Même dans une faible profondeur d’eau.
2. L’alcool : le facteur aggravant que tout le monde sous-estime
Un verre avant de nager ? Mauvaise idée. L’alcool multiplie les risques sur tous les tableaux. Il altère le jugement et pousse à la prise de risque. Il dilate les vaisseaux sanguins (bonjour l’hypothermie). Et il diminue la réactivité des voies respiratoires, ce qui réduit vos chances de survie dans l’eau.
Pour 2026, Santé publique France et le ministère des Sports ont monté un partenariat avec Voies navigables de France. La raison ? Les noyades liées à l’alcool surviennent surtout dans les cours d’eau et les plans d’eau. La consigne tient en une phrase : zéro alcool avant et pendant la baignade. Pour vous hydrater, il y a l’eau.
3. Entrer dans l’eau trop vite après le soleil ou un repas
Le risque d’hydrocution grimpe dans certaines situations. Un repas copieux. Un effort physique intense. Une longue exposition au soleil. Dans ces moments, le corps est vulnérable. « Il ne faut jamais se baigner juste après un repas copieux, une exposition prolongée au soleil ou un effort physique intense », prévient le Dr Kierzek.
La bonne méthode ? Entrez dans l’eau progressivement. Mouillez d’abord la nuque, le visage, le torse. Oubliez les plongeons et les sauts brusques, surtout après une séance de bronzage.
4. Quitter les enfants des yeux : même une seconde
Les adultes ont représenté 57 % des noyades de l’été 2025. Mais les enfants de moins de 6 ans, eux, pèsent 27 % des victimes. Et il y a plus inquiétant : les décès chez les adolescents de 13 à 17 ans ont grimpé en 2025 (21 décès, contre 10 en 2024).
La règle d’or de #COULEPASTONÉTÉ ? Un seul adulte désigné par enfant. Un adulte qui ne fait rien d’autre que surveiller. Rien. La zone surveillée ne remplace jamais votre vigilance. Parce que la noyade, elle, ne prévient pas. Elle survient en silence, en quelques secondes. Sans cri. Sans agitation.
Entrée progressive dans l’eau, zéro alcool, un adulte dédié par enfant. Trois gestes simples qui évitent l’irréparable.
Le conseil de votre pharmacie
Vous prenez des médicaments au quotidien ? Antihypertenseurs, diurétiques, antiépileptiques, anxiolytiques ou autre traitement chronique ? Parlez-en avant de partir en vacances. Certains médicaments modifient la thermorégulation, augmentent la sensibilité à la chaleur ou ralentissent votre réactivité dans l’eau.
Santé publique France le rappelle noir sur blanc dans sa campagne 2026 : les personnes âgées ou à risque doivent « demander conseil à leur médecin ou pharmacien, en particulier si elles ont une maladie chronique (cardiaque, épilepsie) ou si elles prennent des médicaments ». Une étude publiée en septembre 2025 est sans appel : les personnes de 65 ans et plus ont 3 fois plus de risque que leur noyade soit grave (décès, arrêt cardio-respiratoire, coma) par rapport aux 0-5 ans.
Un traitement chronique dans la valise ? Passez nous voir avant le départ. On fait le point sur les médicaments sensibles à la chaleur et sur les bons réflexes baignade pour toute la famille.
Un malaise dans l’eau ? Sortez tout de suite. Témoin d’une noyade ? Appelez le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen). En mer, c’est le 196.
L’essentiel de ce 14 juillet
L’été 2025 a été le plus meurtrier depuis des années sur l’eau, et 2026 suit la même pente. La plupart des drames ne viennent pas d’un manque de nage, mais de gestes banals : une bousculade pour rire, un verre de trop, un plongeon trop brusque, un regard qui se détourne.
La bonne nouvelle, c’est que tout ça s’évite. Entrée progressive, zéro alcool, surveillance active des enfants, et un point sur vos traitements avant les vacances. Prenez soin de vous et de vos proches au bord de l’eau.
- Santé publique France, bilan noyades été 2025, 5 mai 2026.
- Santé publique France, campagne prévention #COULEPASTONÉTÉ, 10 juillet 2026.
- Dr Gérald Kierzek, Doctissimo, 6 juillet 2026.
- Service-public.fr, mise à jour du 29 juin 2026.
- Sports.gouv.fr.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
Comment reconnaître une hydrocution ?
La personne perd connaissance d’un coup, juste après être entrée dans l’eau. Avant, elle peut ressentir des vertiges, des nausées, des crampes ou un malaise brutal. La seule protection efficace, c’est la prévention : jamais d’entrée brutale dans l’eau, toujours se mouiller progressivement (nuque, visage, ventre) avant de plonger.
Un enfant qui sait nager est-il en sécurité dans une zone surveillée ?
Non, pas sans surveillance parentale active et permanente. La noyade survient le plus souvent en silence, sans cri ni agitation visible. Restez toujours à portée de bras, quelle que soit la zone de baignade.
Que faire en cas de noyade avant l’arrivée des secours ?
Sortez la personne de l’eau sans vous mettre en danger. Allongez-la sur le dos, tête sur le côté si elle vomit. Si elle est inconsciente et ne respire plus, commencez immédiatement le massage cardiaque et le bouche-à-bouche, et appelez le 15 ou le 112.










