- Chez 116 jeunes femmes, un taux de progestérone plus élevé va de pair avec une activité moins nette dans une zone cérébrale qui freine les réactions émotionnelles automatiques.
- Ce signal plus flou est associé à un moral plus bas la semaine précédente.
- Les variations d’humeur liées au cycle ont donc une base biologique. Elles méritent d’être prises au sérieux.
Contexte : qu’est-ce qui a changé ?
Le syndrome prémenstruel, c’est un ensemble de symptômes physiques et émotionnels. Ils apparaissent dans les jours qui précèdent les règles. Tensions dans les seins, ballonnements, fatigue. Mais aussi irritabilité, anxiété ou tristesse. Le lien avec les hormones du cycle ? On le connaît depuis longtemps. Ce qu’on comprend moins bien, c’est ce qui se passe dans le cerveau.
116 cerveaux à l’épreuve des émotions
Des chercheurs de l’Université de Barcelone ont scanné le cerveau de 116 jeunes femmes en bonne santé. Pendant l’examen, un exercice mettait leurs émotions à l’épreuve. Par exemple : s’approcher d’un visage en colère, ou s’éloigner d’un visage souriant. Exactement l’inverse du réflexe naturel. Les chercheurs ont aussi mesuré leurs hormones et leur humeur de la semaine écoulée.
Un frein qui répond moins net
Le résultat, publié dans la revue Psychological Medicine ? Les femmes qui avaient le plus de progestérone naturelle montraient une activité moins distincte dans le pôle frontal latéral. Cette zone aide à contrôler les réactions émotionnelles automatiques. C’est un peu le frein du cerveau.
Et ce signal plus flou était associé à un moral plus bas. Il suffisait même à expliquer statistiquement le lien entre progestérone et humeur. L’autre hormone mesurée, l’estradiol ? Pas clairement liée à l’humeur.
Ce que ça change pour vous
Ce n’est pas « dans votre tête »
D’abord, un message de reconnaissance. Votre humeur change selon le moment du cycle ? Ce n’est pas « dans votre tête », au sens où on l’entend souvent. C’est ancré dans la biologie du cerveau. Et ça mérite d’être pris au sérieux plutôt que moqué.
Un peu de prudence
L’étude ne prend qu’une photographie à un instant donné, chez des femmes en bonne santé. Elle montre une association. Pas une preuve que la progestérone cause directement ces changements. Et ce mécanisme n’explique qu’une part modeste des différences d’humeur : environ 7 %. Le SPM reste multifactoriel. Sommeil, stress, sensibilité individuelle aux hormones jouent aussi.
La progestérone augmente naturellement dans la seconde moitié du cycle, après l’ovulation. C’est aussi la période où les symptômes du SPM apparaissent. L’étude offre donc une piste pour comprendre pourquoi certaines femmes se sentent moins « maîtres » de leurs émotions à ce moment-là. Le frein est toujours là. Il répond juste un peu moins net.
Il existe une forme sévère : le trouble dysphorique prémenstruel. Elle retentit fortement sur la vie quotidienne. Elle se soigne. Et elle justifie une consultation.
Le conseil de votre pharmacie
Le carnet de bord
Premier outil, tout simple : un carnet ou une application de suivi du cycle. Notez vos symptômes jour après jour, pendant deux ou trois mois. Vous verrez si l’humeur suit vraiment le cycle. Et ce suivi aidera beaucoup votre médecin ou votre sage-femme.
Les gestes qui aident
Ces mesures sont souvent conseillées pour atténuer les symptômes :
- une activité physique régulière ;
- un sommeil suffisant ;
- moins de caféine et d’alcool en fin de cycle ;
- des journées un peu plus légères, quand c’est possible.
Douleurs, tensions mammaires ? Des antalgiques simples peuvent soulager. Demandez conseil pour choisir le plus adapté à votre situation. Les compléments alimentaires vantés contre le SPM ? Les preuves sont souvent limitées. Parlez-en avant d’en acheter, surtout si vous prenez déjà un traitement.
Les symptômes perturbent votre travail, vos relations ou votre sommeil chaque mois ? Consultez. Des traitements existent. Et il n’y a aucune raison de serrer les dents tous les mois.
L’essentiel de ce 15 octobre
La progestérone est associée à une activité moins nette d’une zone cérébrale qui règle les émotions. Les variations d’humeur liées au cycle ont donc une base biologique réelle. Suivre ses symptômes, bouger et bien dormir aident au quotidien.
Un SPM qui gâche votre vie ? Parlez-en à votre médecin, et à votre pharmacie sur WhatsApp. Le frein émotionnel a ses jours sans. Les connaître, c’est déjà mieux conduire.
- Buades-Rotger M. et al., « Endogenous progesterone blurs frontostriatal representations of emotion control in healthy young women », Psychological Medicine, 2026
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
La pilule peut-elle aider en cas de SPM ?
Certaines contraceptions hormonales peuvent atténuer les symptômes chez certaines femmes. D’autres non. C’est à discuter avec votre médecin ou votre sage-femme.
Comment savoir si c’est un SPM ou autre chose ?
Le SPM apparaît avant les règles et disparaît dans les premiers jours des règles. Le moral reste bas tout le mois ? Il faut penser à une autre cause, et en parler à un médecin.
Cette étude change-t-elle les traitements ?
Pas pour l’instant. Elle aide à comprendre les mécanismes, ce qui pourra guider les recherches futures.










