- En 2026, 29 % des Français ne se protègent plus du soleil, contre 17 % en 2024
- Entre 1990 et 2023, les cancers de la peau ont triplé en France
- Les cabines UV sont classées cancérogènes catégorie 1 depuis 2009, au même rang que le tabac
- Les compléments « préparateurs de bronzage » n’ont aucune efficacité prouvée
Les chiffres du baromètre FEBEA 2026 : on recule, et c’est net
Le baromètre FEBEA-OpinionWay 2026 (Fédération des Entreprises de la Beauté) vient de tomber. Et il refroidit les dermatologues. En 2024, 17 % des Français disaient ne pas se protéger à la plage ou à la piscine. En 2026, on grimpe à 29 %. Faites le calcul : 12 points de plus en deux ans seulement.
Autre donnée qui pique : seuls 25 % des Français renouvellent leur crème toutes les deux heures, comme le recommandent les dermatologues. Chez les parents, c’est la dégringolade : moins 17 points sur le renouvellement de la protection des enfants.
Et les jeunes ? Un moins de 25 ans sur deux pense pouvoir se passer de crème solaire. Mauvaise pioche. Parce que les habitudes prises avant 18 ans pèsent lourd sur le risque de cancer de la peau à l’âge adulte.
Un contexte sanitaire qui fait froid dans le dos
Ces chiffres tombent au pire moment. Entre 1990 et 2023, les cancers de la peau ont triplé en France. Le mélanome, la forme la plus grave, tue plusieurs milliers de personnes chaque année.
Le soleil, c’est la première cause de cancer de la peau. Voyez les UV (A et B) comme de minuscules saboteurs invisibles : ils abîment l’ADN de vos cellules et peuvent déclencher les mutations qui mènent aux tumeurs. Et contrairement à une idée tenace, ces dégâts s’accumulent toute la vie. Chaque coup de soleil compte. Aucun ne s’efface.
La crème solaire, bien utilisée, reste l’arme la plus efficace. Le mot important, c’est « bien ». Un indice 50 passé une seule fois le matin ne protège pas une journée entière à la plage.
Les faux remèdes : ce qui ne fonctionne pas
Face à cette baisse de vigilance, un autre phénomène inquiète les professionnels de santé : les pratiques censées « préparer la peau » avant l’été. Deux d’entre elles posent vraiment problème.
Les cabines à UV : cancérogènes, point.
Les séances en cabine de bronzage sont classées cancérogènes de catégorie 1 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 2009. Au même niveau que le tabac. Vous avez bien lu. Elles balancent des UVA artificiels qui plongent loin sous la peau, accélèrent le vieillissement cutané et font grimper le risque de mélanome.
« Préparer sa peau pour éviter les coups de soleil » ? Du vent. Le bronzage gagné en cabine équivaut au mieux à un SPF 2. Autant dire rien. Plusieurs pays les ont interdites. En France, elles restent légales pour les adultes, mais toutes les autorités de santé les déconseillent fortement.
Les compléments « préparateurs de peau » : aucune preuve
Chaque printemps, c’est le même cinéma. Les rayons se remplissent de gélules qui promettent de « préparer la peau », d’« activer le bronzage », de « renforcer la protection naturelle ». Dedans : bêta-carotène, lutéine, lycopène et autres caroténoïdes.
La réalité ? Aucune étude clinique sérieuse ne prouve qu’ils protègent des coups de soleil ou du cancer de la peau. Pire : certains peuvent poser problème à haute dose. On a montré qu’un excès de bêta-carotène chez les fumeurs augmentait le risque de cancer du poumon. Et le vrai danger, le voilà : ces produits donnent l’impression d’être protégé. Du coup, on met moins de crème. Erreur.
Le rôle clé de votre pharmacie
Au comptoir, on est en première ligne pour tordre le cou aux idées reçues et vous guider vers une vraie protection. Quelques messages simples à retenir :
- SPF 30 minimum pour toute exposition. SPF 50 pour les peaux claires, les enfants et les longues expositions
- Renouvellement toutes les 2 heures, et après chaque baignade ou grosse transpiration
- Protection en plus : lunettes à filtre UV, vêtements couvrants, on évite 12h-16h
- Cabines UV : non. Aucun bénéfice, un risque réel
- Compléments solaires : aucune efficacité prouvée, ils ne remplacent pas la crème
L’été, c’est aussi le bon moment pour en parler. Un dépliant bien placé, un mot glissé au moment de vendre une crème, une phrase pendant un conseil… Parfois, ça suffit à changer une habitude.
La seule vraie protection, c’est la crème solaire, bien appliquée et bien renouvelée. Les cabines et les gélules « bonne mine » ne vous protègent pas. Elles vous donnent juste l’illusion de l’être.
L’essentiel de ce 9 juin
Le constat est clair. Les Français relâchent leur vigilance pile au moment où les cancers de la peau atteignent des records. Rappeler les bases, démonter les faux remèdes : c’est aussi ça, prendre soin de votre santé cet été.
Et le bon réflexe tient en une phrase : on couvre, on renouvelle, on se méfie des raccourcis.
- Baromètre FEBEA-OpinionWay 2026 (Fédération des Entreprises de la Beauté)
- Franceinfo, 05/06/2026
- CNEWS, 02/06/2026
- France Inter, 26/05/2026
- ICI / France 3, 08/06/2026
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacie. Mentions légales complètes.
Les cabines UV préparent-elles vraiment la peau au soleil ?
Non. Le bronzage obtenu en cabine équivaut au mieux à un SPF 2, sans protection réelle. Et ces cabines sont classées cancérogènes de catégorie 1 depuis 2009, au même titre que le tabac.
Les compléments préparateurs de bronzage protègent-ils des coups de soleil ?
Aucune étude sérieuse ne le démontre. Pire : à haute dose, certains présentent des risques, comme le bêta-carotène chez les fumeurs. Ils ne remplacent jamais la crème solaire.
À quelle fréquence faut-il remettre de la crème solaire ?
Toutes les 2 heures, et après chaque baignade ou transpiration importante. Un SPF 50 appliqué une seule fois le matin ne protège pas toute la journée.










