Ce traitement n’est pas encore disponible en France. Il est en cours d’examen par les autorités américaines, européennes et chinoises, avec une première décision attendue aux États-Unis début 2027. Personne ne peut vous le prescrire aujourd’hui. Ce que vous lisez ici, c’est ce qui arrive, pas ce qui est disponible.
- Le tozorakimab réduit les poussées modérées à sévères de 29 % et 34 % selon l’essai chez les anciens fumeurs, et de 30 % et 29 % dans la population globale incluant les fumeurs actuels.
- Il fonctionne quel que soit le taux d’éosinophiles, ce petit chiffre de la prise de sang qui excluait jusqu’ici beaucoup de patients des biothérapies.
- C’est le premier médicament de cette famille associé à une réduction des bouchons de mucus dans les bronches.
Il y avait un videur à l’entrée
Commençons par un mot de vocabulaire. Dans la BPCO, on parle d’exacerbation. En clair : une poussée. Ces épisodes où la toux s’aggrave, où les crachats changent, où respirer devient une affaire de tous les instants. Certaines se gèrent à la maison. D’autres finissent aux urgences.
Depuis quelques années, des traitements dits biologiques existent contre ces poussées. Mais il y avait un videur à l’entrée, et ce videur avait une liste : le taux d’éosinophiles.
Les éosinophiles sont un type de globules blancs. Leur nombre, visible sur une simple prise de sang, sert de marqueur d’un certain type d’inflammation. En dessous d’un certain seuil, la réponse était toujours la même. Ce n’est pas pour vous. Suivant.
Ce que les essais ont montré
Ils s’appellent OBERON et TITANIA. 2 306 patients au total, tous déjà sous traitement inhalé et continuant malgré tout à faire des poussées. La moitié a reçu une injection de tozorakimab toutes les 4 semaines pendant un an, en plus du traitement habituel. L’autre moitié, un placebo.
Résultats publiés dans le New England Journal of Medicine, présentés à Barcelone au congrès de la Société européenne de pneumologie.
Le mécanisme est nouveau. Le tozorakimab bloque une molécule inflammatoire, l’interleukine 33, et il la bloque sous ses deux formes. Deux effets annoncés : moins d’inflammation, et une action sur le mucus, ce mucus épais qui finit par boucher des segments entiers de poumon.
Ce que ça change pour vous
Le chiffre qui compte n’est pas celui de l’efficacité. C’est celui de la liste du videur.
Ici, le bénéfice existe quel que soit le taux d’éosinophiles. Même en dessous de 150, où la réduction des poussées atteint encore 23 %. Autrement dit : la liste disparaît.
Deuxième point, au moins aussi important. Les essais ont inclus les fumeurs actuels, pas seulement les anciens fumeurs. Et le bénéfice s’y retrouve.
Attention, ce n’est pas un permis de continuer. L’arrêt du tabac reste la seule chose qui modifie vraiment le cours de la maladie. Mais c’est la fin d’une forme de double peine, où l’on écartait des essais ceux qui n’avaient pas réussi à arrêter.
Le mucus, à prendre comme une piste
Troisième point : les bouchons de mucus. Cette partie vient d’une analyse séparée, présentée en poster, donc à ranger dans les pistes plutôt que dans les démonstrations. Elle reste intéressante, parce que ces bouchons vont de pair avec un pronostic plus défavorable.
Le conseil du comptoir
Un traitement attendu pour 2027 au mieux ne change rien à votre hiver 2026. En revanche, 4 choses le changent vraiment, et elles sont disponibles maintenant.
- La technique d’inhalation. Premier levier, et le plus négligé. Beaucoup de patients perdent une part importante de la dose à cause d’un geste mal calé. Apportez vos dispositifs, on vérifie en 5 minutes.
- Les vaccinations. Grippe, Covid, pneumocoque, coqueluche. Dans la BPCO, une infection respiratoire est souvent le coup d’envoi d’une poussée.
- Le plan d’action écrit. Reconnaître le début d’une poussée et savoir quoi faire dans les 24 premières heures change tout le coût de l’épisode. À établir avec votre médecin.
- La réhabilitation respiratoire. Sous-prescrite, et pourtant l’une des interventions les mieux documentées sur l’essoufflement et la qualité de vie.
L’arrêt du tabac, pas comme une leçon de morale, mais parce que c’est la seule chose qui ralentit la perte de souffle. Vous avez déjà essayé et échoué ? Ça ne dit rien de votre volonté. Ça dit juste qu’il faut un accompagnement, et ça se met en place.
Pour reprendre les bases de la maladie, ses stades et ses traitements de fond, nous avons un article complet sur la BPCO.
Questions fréquentes
Quand ce traitement sera-t-il disponible en France ?
Aucune date n’est connue. Le dossier est en cours d’examen aux États-Unis, dans l’Union européenne et en Chine. La décision américaine est attendue début 2027, et une autorisation européenne prendrait ensuite du temps avant un remboursement en France.
Est-ce que ça remplacerait mes inhalateurs ?
Non. Dans les essais, le traitement était ajouté au traitement inhalé habituel, pas substitué. Les inhalateurs restent la base.
Je fume encore, suis-je concerné ?
Les essais ont inclus les fumeurs actuels et le bénéfice y a été observé. Cela ne remplace pas l’arrêt du tabac, qui reste la mesure la plus efficace sur l’évolution de la maladie.
L’essentiel de ce 19 septembre
Deux essais sur 2 306 patients, une réduction des poussées de 29 % et 34 % chez les anciens fumeurs, 30 % et 29 % dans la population globale. Et surtout un bénéfice qui ne dépend plus du taux d’éosinophiles, ni du fait d’avoir réussi à arrêter de fumer.
Le traitement n’est pas là, et il ne le sera pas avant un moment. Ce qui est là, en revanche, c’est un dispositif d’inhalation à vérifier, des vaccins à mettre à jour et un plan d’action à écrire. Ça, ça se règle cette semaine.
- Sciurba FC, Watz H, Bourdin A et al., « Tozorakimab to Prevent COPD Exacerbations », New England Journal of Medicine, DOI 10.1056/NEJMoa2606998.
- Congrès de la Société européenne de pneumologie 2026, Barcelone, présentation plénière du 8 septembre 2026.
- AstraZeneca, communiqué de presse du 8 septembre 2026.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et de vulgarisation scientifique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne sauraient remplacer une consultation avec un professionnel de santé. En cas de doute ou de symptômes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Mentions légales complètes.
Quand ce traitement sera-t-il disponible en France ?
Aucune date n’est connue à ce jour. Le dossier est en cours d’examen aux États-Unis, dans l’Union européenne et en Chine, avec une décision américaine attendue début 2027. Une autorisation européenne, puis un remboursement en France, prendraient ensuite du temps supplémentaire.
Est-ce que ce traitement remplacerait mes inhalateurs ?
Non. Dans les essais OBERON et TITANIA, le traitement était ajouté au traitement inhalé habituel, jamais substitué. Les inhalateurs restent la base de la prise en charge de la BPCO.
Je fume encore, suis-je concerné par ces résultats ?
Les essais ont inclus les fumeurs actuels et le bénéfice y a été observé, contrairement à ce qui se faisait jusqu’ici. Cela ne remplace pas l’arrêt du tabac, qui reste la mesure la plus efficace sur l’évolution de la maladie.










